En Occident, le discours international du pouvoir est aussi un discours sécuritaire : il arrive à créer un consensus autour du fait que les dispositions de contrôle des populations, de surveillance et de stigmatisation de leur origine ethnique et de leur appartenance à une classe sociale donnée et l’actuelle guerre d’invasion en Irak se justifient identiquement, au nom de la nécessité de parer au danger terroriste.
Si l’on prend en compte tant la période préludant à la guerre que la guerre elle-même ; il apparaît nettement, au bout de 15 ans de crise internationale, que l’ordre des éléments de ce raisonnement falsifie la situation réelle, en inversant une des deux conséquences avec la prémisse : la politique sécuritaire justifie la prolongation de la guerre, sa plus ou moins grande efficacité ici ne contribuant pas à la diminution de la barbarie là-bas. Cet état de fait appelle une situation réciproque: dans le meilleur des scénarios possibles, il est à craindre que les technologies de contrôle des populations ainsi que la culture de l’autocensure des intellectuels et des cadres de la société se prolongeront bien après un éventuel règlement du conflit irakien.
Là-bas la politisation des divisions religieuses et sociales et leur institutionnalisation dans l’érection d’une nouvelle administration d’état dont la reconnaissance internationale constitue à la fois la condition et la finalité nourrit directement la guerre civile, avec un cycle de meurtre de masse et de représailles s’exerçant à l’encontre d’innocents.
Ici l’information sur la menace d’attentats et les attentats eux-mêmes poursuivent les mêmes buts : en solidarisant l’opinion à la fois autour d’un danger réel et autour d’une présomption sur les réactions que peut possiblement provoquer la guerre sur ceux qui la contestent pour des raisons morales (qui de toute manière ne passent pas à l’acte violent) ou d’appartenance à des ordres impérialistes rivaux , ils la conduisent erronément admettre que la surveillance le contrôle par biopouvoirs et la répression par la force garantissent la continuité de la paix sociale par rapport à la situation d’avant.
Cette falsification fait basculer le consensus politique dans le mensonge moral.
Nous réclamons la cessation immédiate de cette falsification au profit de la paix.
Nous nous désolidarisons évidemment avec la barbarie de quiconque justifie sa domination sur l’autre par la crainte du vide de pouvoir, ici ou ailleurs.